#Rhumatologie
Le méthotrexate est la pierre angulaire du traitement d’un grand nombre de maladies prises en charge dans notre pratique rhumato logique quotidienne, et son efficacité n’est plus à prouver.
Cette large utilisation fait que le rhumato logue est ainsi devenu une référence dans l’utilisation de ce traitement et dans la surveillance de ses éventuels effets indésirables (avec, au premier plan, la toxicité hépatique ou hématologique).
Parmi ces effets néfastes, l’ostéopathie liée au méthotrexate est moins connue et souvent plus difficilement évoquée. Les premières descriptions (caractérisées par l’association douleurs et fissures/fractures des membres inférieurs) datent des années 1970, principalement dans le cadre de l’utilisation de ce traitement en oncologie pédiatrique à des doses importantes.
C’est seulement une dizaine d’années plus tard que la première description en rhumatologie , chez un patient traité par méthotrexate pour un rhumatisme psoriasique, a été rapportée, avec une topographie de fractures et des symptômes au diagnostic assez semblables à ceux des cas oncologiques.
Par la suite, les descriptions se sont limitées à des cas isolés, et l’imputabilité du méthotrexate a souvent été débattue, les cas rapportés concernant des patients ayant par ailleurs un grand nombre d’autres facteurs de risque de fragilité osseuse (corticothérapie, maladies inflammatoires, sexe féminin).
Cette ostéopathie présente pourtant des spécificités que le rhumato logue doit connaître. Premièrement, la topographie des fractures est différente de celle de l’ostéoporose “classique” [3], caractérisée par une atteinte quasiment systématique du tibia (proximal ou distal) et fréquente des os du pied.
Dans l’histoire médicale des patients atteints, il n’est d’ailleurs pas rare de trouver des antécédents de fractures de fatigue de ces mêmes localisations au cours des mois ou années précédents.
Le diagnostic est souvent cliniquement révélé par des douleurs mécaniques des membres inférieurs qui ne semblent pas associées à la maladie inflammatoire sous-jacente, cette dernière étant généralement peu active, voire inactive, au moment du diagnostic.
La radiographie standard échoue souvent à mettre en évidence ces fissures, et l’IRM centrée sur la zone douloureuse ou la scintigraphie osseuse sont généralement nécessaires .
Enfin, l’arrêt du traitement par méthotrexate après identification de cette ostéopathie est généralement très efficace (et ce, rapidement) sur les douleurs et la cicatrisation osseuses.
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La Lettre du Rhumatologue / N° 516 - novembre 2025
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grahamgerard
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