Depuis 2004, année du précédent rapport, la prise en charge de l’infection par le VIH a évolué ; à côté des données majeures qui restent d’actualité, le rapport 2006 s’attache à souligner ces évolutions.
Sur le plan épidémiologique, on estime à 100 000 à 130 000 le nombre de personnes vivant avec une infection par le VIH, et ce nombre s’accroît. Environ 7 000 nouvelles contaminations sont observées chaque année. Les contaminations par rapports homosexuels augmentent, ce qui témoigne en partie d’un relâchement des précautions.
La moitié des découvertes de séropositivité est liée à des personnes de nationalité d’un pays d’Afrique subsaharienne, soulignant la nécessité de s’assurer de l’accès aux soins de cette population, souvent socialement défavorisée.
Contrairement aux recommandations thérapeutiques actuelles, la moitié des patients débutent leur traitement alors qu’ils ont déjà un déficit immunitaire sévère ou un Sida, souvent parce qu’ils ignorent leur séropositivité au moment du diagnostic de Sida. Les prises en charge tardives sont associées à un pronostic plus grave, qui persiste plusieurs années après le début du traitement. Ces données ne se sont pas améliorées depuis le rapport 2004 ; elles montrent la nécessité de campagnes de prévention et de dépistage ciblées sur les populations les plus exposées.
Face à ce tableau préoccupant, l’amélioration régulière du traitement de l’infection par le VIH doit être soulignée. Sans rien perdre de son efficacité (65 p. 100 des personnes traitées sont en succès thérapeutique), il gagne en simplicité (nombre de comprimés) et en tolérance. Cela permet de recommander de le débuter un peu plus tôt (CD4 = 350/mm3 ) qu’on ne pouvait le faire en 2004. En outre, de nouveaux médicaments rendent plus actif le traitement des patients chez qui le virus était devenu très résistant. Les efforts en cours permettent d’espérer des améliorations supplémentaires à moyen terme. Les objectifs du traitement se sont précisés : obtenir une charge virale indétectable dans le plasma n’est plus le seul objectif. Il faut également veiller à atteindre – et à maintenir – un taux de CD4 au-dessus de 500/mm3 : cette dernière condition est associée à une survie similaire à celle de la population générale.
Toutefois, le traitement de cette infection reste complexe en raison des risques d’effets indésirables des médicaments et des résistances virales qui limitent l’efficacité des antiviraux. Les tests génotypiques de résistance s’améliorent constamment et tiennent compte des nouveaux médicaments disponibles. Leurs indications se sont élargies, mais leur interprétation est souvent complexe. Les indications et modalités de dosage des antiviraux dans le plasma sont mieux codifiées. Les résultats de ces dosages aident le thérapeute à optimiser le rapport efficacité/tolérance des traitements. Malgré de nombreuses améliorations, les médicaments de l’infection par le VIH restent responsables d’effets indésirables parfois graves : les lipodystrophies et les complications métaboliques (en particulier lipidiques, avec leurs risques cardiovasculaires associés) sont des problèmes majeurs et très fréquents,difficiles à traiter, justifiant des efforts soutenus de prévention, afin que la morbidité et la mortalité liées aux traitements n’augmentent pas, alors que celle liée au virus diminue.

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